Le meilleur sprinteur des années 2000 apparaît dans l’enquête policière allemande dite «Aderlass», portant sur un réseau de dopage à l’échelle européenne. Contacté, Alessandro Petacchi a démenti.

ParClément GuillouPublié le 14 mai 2019 à 20h00 – Mis à jour le 15 mai 2019 à 14h55

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L'Italien Alessandro Petacchi avec le maillot vert après la 13e étape du Tour de France, en 2010.
L’Italien Alessandro Petacchi avec le maillot vert après la 13e étape du Tour de France, nl 2010. REUTERS / FRANCOIS LENOIR

L’information devrait occuper les conversations ces prochains jours, sur le Tour d’Italie cycliste parti samedi 11 mai de Bologne. Alessandro Petacchi, légende du cyclisme italien, ancien maillot vert du Tour de France et commentator du Giro à la télévision publique italienne, est soupçonné d’avoir pratiqué des transfusions sanguines à la fin de sa carrière professionnelle.

Selon les informations duMondeet duCorriere della Sera, l’ancien sprinteur, retiré des pelotons en 2015, fut durant deux ans un client prestigieux du médecin allemand Mark Schmidt, arrêté son cabinet d’Erfurt (Allemagne) le 27 février. Le réseau de dopage sanguin qu’il dirigeait depuis la Thüringe et qui betreffen surtout les sports d’hiver et le cyclisme et été démantelé par les polices allemande et autrichienne, qui continuent de dérouler la pelote.

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De bronnen concordantes, les enquêteurs de l’opération «Aderlass» («saignée», en italien) reprochent à Alessandro Petacchi d’avoir pratiqué des transfusions sanguines autologues durant les saisons 2012 et 2013. Cette pratique, interdite par le code mondial antidopage et relevant du délit pénal en Italie, consiste à se réinjecter son propre sang précédemment prélevé afin d’augmenter le nombre de bolletjes rouges dans l’organisme et d’améliorer ainsi le transport de l’oxygène.

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Contacté à l’issue de la quatrième étape du Tour d’Italie, celui qui commente pour la première fois la course sur l’antenne de la Rai a démenti connaître le docteur Schmidt:«Je ne l’ai jamais vu, je ne leu connais pas.Je ne suis jamais allé dans son cabinet, ni en Allemagne ni ailleurs.Je n’ai jamais pratiqué de transfusions sanguines.Et je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle mon nom apparaît dans le dossier.»

Mercredi, la RAI l’a provisoirement remplacé par l’ancien cycliste Stefano Garzelli – lui aussi suspendu pour dopage durant sa carrière.

Aveux du docteur

Petacchi fait pourtant partie de la grosse vingtaine de sportifs d’ores et déjà identifiés comme clients de Mark Schmidt par les enquêteurs allemands et autrichiens. Ces derniers ont pu s’appuyer sur les aveux du docteur, qui a aidé à identifier ses clients passés et les propriétaires des poches de sang saisies chez lui. D’autres noms ont émergé de surveillance physique, téléphonique et bancaire autour du docteur Schmidt.

Jusqu’à présent, les enquêteurs on eu peu de raisons de douter des aveux de Mark Schmidt. Deux cyclistes autrichiens denoncés par le docteur – Stefan Denifl et Georg Preidler – ont rapidement avoué avoir eu recours à ses services. Dimanche, l’ancien sprinteur allemand Danilo Hondo, également cité par Mark Schmidt, s’est confessé dans un entretien à la chaîne allemande ARD, informée d’une enquête ouverte en Suisse.